dimanche 19 septembre 2010

The Ghost Writer






Ghost Writer
ou Ghost, en anglais.
Nègre,
en français.
Écrivain engagé dans l'ombre d'une personnalité
donnée, afin de l'aider anonymement dans la rédaction
d'un ouvrage littéraire généralement autobiographique
en voie de publication certaine, moyennant forte rétribution.


Le meilleur Roman Polanski vu depuis "Le Pianiste".
Un grand cru à ranger parmi ses grands films.
Remarquable en tous points à mon avis.
Adapté du roman "The Ghost" de Richard Harris.
Scénario co-signé par l'auteur et le cinéaste.

À la Hitchkock, sans copiage ni imitation déguisée,
original avec vision personnelle signée.
Témoignage du talent ô combien actuel
d'un cinéaste ayant peut-être inconsciemment
pressenti son avenir huis-clos en 2010.

Le spectateur n'en sait pas plus que le héros,
les deux avançant à tâtons, fascinés et inquiets
mais s'accrochant toujours à la recherche
d'une vérité politique improbable, grise et sombre
comme un château maudit sur bord de mer tumultueux.

Happés par une réalité qui les dépasse tous
malgré leurs moyens presque infinis.

J'avais l'impression de pénétrer dans la vie privée
des politiciens après qu'ils eurent régné sur un pays.
Cloîtrés et en même temps omniprésents à la télé.
Reclus, exposés et déconnectés à la Polanski.

Thriller politique d'atmosphère porté
par une mise en scène, une direction d'acteurs
et un sens narratif dignes du Grand 7e art.

Un des grands films vus cette année.
Tain.

15 commentaires:

s.gordon a dit...

C'est vrai que c'est un bon film.
Ça se regarde très bien.

Mais la fin, come oooon : vroom-bing-bang-fouish, le papier qui revole... À mon avis, ça dissonait.

Yvan a dit...

Ah tu trouves?!
Comment dissonnant?
Schtroumpfe pas.
J'ai trouvé ça poétique
et en même temps assez
réaliste même si ça va
vite.

Sprotch, sur l'asphalte.
Très Polanskien,en accord
avec l'auteur.

s.gordon a dit...

Peut-être très polanskien,
mais cette fin m'a néanmoins laissée sur ma faim. Du genre :'Ben voyons donc', crisse" que je me suis dit, étonnée non sans une pointe de déception. Comme un coït cinématographique interrompu.

Mais ça vaut certainement le visionnement. L'histoire est captivante, intéressante, et bien amenée. D'ailleurs je trouve que c'était plutôt easy de guesser en cour de route l'implication de la femme du futur premier ministre dans les "mystérieuses complotions" de l'histoire, tu trouves pas? C'était franchement bien parti, ouais, et très bien parti même - et j'inclus une bonne partie du dénouement là-dedans, bien sûr, qui tenait en haleine et tout et tout - or à la scène finale (les dernières minutes en fait), honnêtement, elle m'a semblée affaiblir tout le reste du film et par conséquence, le bien que j'en avais pensé jusque-là. Anyway.

helenablue a dit...

j'ai beaucoup aimé ce film, tout comme toi, du vrai Roman mais j'avoue être d'accord avec Sandy, même si très poétique et polanskien, la fin m'a laissée sur ma faim!

Mistral a dit...

Moi, cette scène m'en a rappelée deux autres: quand Garp offre sa première nouvelle à Helen (dans Le monde selon Garp), et la disparition de Tuttle dans Brazil...

Yvan a dit...

Pas évident d'en parler sans vendre le "punch" mais en voilà deux
qui sont restées sur leur faim!
Vrai qu'elle semble un peu
expédiée mais je l'ai trouvée
euh..."Naturelle" dans les circonstances si je puis dire. ;)

Ce serait intéressant de comparer
avec le bouquin que je n'ai pas lu.

piedssurterre a dit...

Bon , eh bien il ne me reste plus qu'à aller voir ce film...
J'ai adoré les premiers films de Polanski.
Et puis, petit à petit, j'ai décroché...alors qu'il s'éloignait de l'esprit du Locataire ou de Cul de sac...qui sont des films qui m'ont fascinée...
A voir donc, ton enthousiasme étant communicatif !
:-)

É. a dit...

Je déteste le cinéma. Mais…

Ce film, qui dénonce l'ingérence totale de la CIA dans les affaires du monde a, à mon avis, deux fins parfaites. La première est celle qu'on voit dans la salle, qui m'a absolument comblé, contrairement à vous, chères collègues.

La seconde se produit après la fin du film, dans la réalité. Et Polanski de se retrouver emprisonné par les tractations extrêmement perverses des autorités… états-uniennes, qui soudainement sentent le besoin de venir lui tordre le cou jusqu'en Suisse.

Comment puis-je oser trouver cette seconde fin parfaite ? Parce qu'elle prouve à quel point le film est subversif et qu'elle explique de manière limpide les raisons pour lesquelles les Zinn, Chomsky et autres ex-incorruptibles ont préféré se mettre à manger dans l'écuelle des faucons.

Il n'en demeure pas moins que… Si, si. Le monde est à pleurer, mais des gens ont osé mettre leur viande dans le hachoir pour écrire, tourner, monter, distribuer ce film. C'est donc qu'il y a encore quelques hères résistant à l'hégémonie finale.

Ce sont les voitures qui gagnent toujours, à la fin. Mais stie que c'est bon de se lever deboutte sous la crosse de leurs F-18 pour dire une ultime fois : « non ».

Et ça, ça pourrait faire une troisième fin, toute aussi parfaite que les deux autres.





—————
Code :
Certe

Yvan a dit...

Can't agree more on this one
Éric.
Les problèmes ont commencé
pendant la post-production
du film.Tout à coup ils ont
voulu sa tête,tiens donc.
.........
Tony Blair vient de publier
ses mémoires...ZZZZ.
Vite que je me procure
cette "cure contre l'insomnie"!

Yvan a dit...

Christian tu as vraiment une
mémoire...De Christian Mistral
tiens.Je serais bien incapable
de me rappeler ces scènes
dont tu parles,ça fait beaucoup
trop longtemps en ce qui me concerne.

É. a dit...

Ça peut s'inspirer de Tony Blair. Ça peut être l'illustration d'un simple principe. Ça peut aussi évoquer un autre chef d'état «de gauche», dont la femme est toujours active en «politique».

Yvan a dit...

J'gage un vieux 5$ que c'est
Hilare Klingon dont tu parles.
;)

C'est tout ça et plus encore
mon cher.
Il y a aussi cette relation
dominant/soumis assez tordue
entre l'écrivain fantôme
et son sujet qui est fascinante.

La beauté sombre des lieux.

La caméra est toujours là
où il faut,chaque scène
est pertinente et évocatrice.
Puis il y a cette inquiétante
aura mystérieusement belle
qui émane de plusieurs de
ses films.(Pas tous,
suis pas un inconditionnel.)
Difficile à expliquer,
on dirait une pellicule
suintant l'angoisse
existentielle sur grand écran.

Tout un retour de la part
de Roman.

Jean-François Thibaud a dit...

Pour moi, c'est carrément le film de l'année. La scène de la bagnole à la fin, je vois comment il aurait pu faire autrement. Et comme dit Éric, c'est flagrant qu'ils ont voulu "lui tordre le coup jusqu,en Suisse", ce qui prouve n'est-ce pas, qu'on est toujours en démocratie et que le totalitarisme n'a plus sa place qu'en Corée du Nord et à Cuba.

N'empêche que j'aimerais bien savoir un jour comment ça s'est passé chez les hautes instances suisses pour que, pour une fois, le dénouement fut relativement heureux...

Malgré tout, l'avertissement est clair pour ceux qui voudraient suivre les pas de Polanski: réfléchissez bien.....

Yvan a dit...

Tiens salut Jean-François.
En y réfléchissant encore un peu
je suis assez d'accord pour le
film de l'année jusqu'à maintenant.

Le film vous habite longtemps.

Qui sait,le dénouement final
n'est peut-être pas encore
arrivé.

É. a dit...

Je préfère quand même Resident Evil 6 : Mila ôte le bas