vendredi 20 août 2010

Essai-communication

Certains jours, t'as envie de parler avec des ami(e)s
et de les voir mais c'est impossible pour X raison
alors tu leur écris ou laisses un message vocal;
tu trouves vaguement frustrante l'absence
de réaction et de réponses instantanées
en même temps que leurs regards,
l'intonation de leur voix et gestes corporels
possibles en temps réel.

Tu composes donc un message
dans ton propre language en attendant
leur hypothétique réponse ou non-réponse
par rythme interrompu et médiums interposés,
saccadé par des silences de durée aussi variable
que les espoirs entretenus.
(Le réel n'ayant grossièrement que deux issues
quant à moi : le temps qui fuit en bonne compagnie
ou avec soi-même et celui qui emprisonne
dans les deux cas précédents.)

D'autres jours par contre, tu te félicites
de leur avoir écrit au lieu de leur avoir parlé
parce que l'effort d'écriture conjugué au désir
d'un certain silence te permet de prendre le temps
de leur dire exactement ce que tu veux
quand tu veux, en plus de t'éviter un certain nombre
de niaiseries verbales dûes à la fatigue,
une visite chez le dentiste
ou une soirée bien arrosée.

Tous les moyens sont bons et plus
que jamais nombreux pour s'exprimer.
En mode virtuel il n'y a qu'une plume finalement;
la mienne, la vôtre,
-(des photos et des vidéos avec de la chance)-
traduisant à divers degrés une partie
de ce qu'est véritablement une personne
face à vous présente; mais cela
est une toute autre histoire.
Bien réelle.

8 commentaires:

helenablue a dit...

Dans le monde virtuel il n'y a qu'une plume, c'est vrai, pourtant il me semble qu'elle parle je l'entends elle transpire je la sens elle s'émeut et m'émeut à mon tour elle soupire elle pleure elle rit et elle s'agite, elle se met en émoi. Et plus qu'une histoire elle prend part, pareille à une relation d'amis, une place importante dans ton coeur et ta vie.

Comme celle que tu as à l'instar d'autres, ici et là, dans la mienne.

piedssurterre a dit...

En mode virtuel, il y a surtout pour moi la magie d'échanger avec l'autre, à l'autre bout de la terre.
Il y a le plaisir de se découvrir des connivences et de se lier peu à peu. Jusqu'au jour où, (qui sait ?) la rencontre physique deviendra possible. Simple, y a seulement un immense océan à traverser.
J'aime imaginer que nous pouvons devenir proches sans jamais nous être rencontrés, sans même connaître le son de la voix de l'autre ni la couleur de ses yeux. Un jour, nos pensées sont entrées en contact au travers d'un texte qui a vibré en nous, d'une image ou d'une chanson aimée. Le temps s'efface alors, le décalage horaire n'existe presque plus.
Nous sommes là, tu écris, je te lis, parfois je me manifeste, parfois les mots ne me viennent pas mais ce que tu livres de toi fait son chemin en moi. Je te découvre et désormais, pour moi tu existes.
Ce rythme de communication totalement différent me séduit. On prend son temps, on se s'emballe pas, les jours passent et nous sommes là les uns pour les autres, nous élargissons nos horizons par nos échanges, nos coups de coeur, parfois nos coups de gueule, et aussi par nos petites bouteilles jetées à la mer dans les moments de flottement.
Je n'imaginais pas trouver autant de vie devant l'écran d'une simple machine.
Au fait, Yvan, de quelle couleur sont tes yeux ?
Bises
FranFran

Trader a dit...

Personnellement, je choisis la voie écrite pour un message duquel je n'attends pas une réponse immédiate.

Le téléphone - pcq j'ai pas de cell - pour des trucs que je juge urgent.

Pas d'autres finesses dans mon approche.

Sincèrement, Le Terrible, tu ne devrais pas être si timoré.

Salutations,

Trader, alias Inukshuk ;)

Yvan a dit...

@Helena et FranFran

C'est beau et émouvant
ce que vous écrivez.
Un autre genre de présence
passant à travers l'écran
et l'océan,vivant sous
une forme littéraire avec
son importance bien
particulière.
Belle évolution internet!
....
Mes yeux sont bruns légèrement teintés vert.
1m75,mince,cheveux bruns et gris.
;)

@Trader

Timoré tu crois?
J'crois pas.
Je procrastine un peu
par contre,à cause
de la fatigue au boulot.
;)
Hey,j'ai fait plusieures
rencontres réelles
grâce au blogue,
toutes très intéressantes
sans exception.
Sans compter les autres
via la plume.
Salutations!

anne des ocreries a dit...

Ah, je suis tout à fait d'accord avec toi, Yvan ! En ce moment, j'arrive plus à faire mon "tour de web" comme j'aime, le temps me bouffe, et du coup je suis un peu en retard sur l'actu de mes blogamis....ça me navre !
J'aime ces moments d'eux qu'ils m'offrent, tous....

Yvan a dit...

Tu n'es pas la seule.
Ça me navre aussi de manquer
de temps à cause du boulot
qui me mange tout rond.
Ça m'enrage même. ;)

Guillaume Martineau et Claudio Pinto a dit...

Yvan,
Quel beau billet, si personnel et ma foi universel dans le propos.

J'ai rencontré, hier soir au Café L'Escalier, une jeune femme avec qui j'ai discuté des phénomènes du cellulaire et autres moyens de communication virtuelle. Nous avons abordé la question des sites de rencontres, lorsque à brûle-pourpoint et avec une candeur la plus spontanée, nous avons reconnu le bonheur d'être là simplement l'un en face de l'autre, sans le support du virtuel!

Peu de temps après, nous sommes retournés peinards à nos ordinateurs. En regagnant ma table, résonnait cette phrase que la jeune femme a débité durant la conversation : "J'ai passé plusieurs semaines sans téléphone ni ordinateur, mais c'est le contact courriel avec mes gens qui m'a le plus manqué". Je la comprends.

L'écriture est un miracle. En lisant tes mots, cher Yvan, il me semble que je relis ceux que j'ai écrit hier et avant-hier, aujourd'hui aussi probablement, et réalise combien nos solitudes se ressemblent.

Bonne semaine à toi!
Claudio (qui a les yeux bruns, comme toi)

Yvan a dit...

Je la comprends aussi.
J'aime à croire que le virtuel est une passerelle vers les possibles.
"L'écriture est un miracle"
tu dis.
Cela est vrai;
de tous temps et possiblement
encore plus à l'ère d'internet
à mon avis.
Elle m'a gratifié de fascinantes
rencontres qui m'eurent été
impossibles autrement.

Bonne semaine.

Y.