samedi 9 avril 2011

Voir la douleur

Je n'étais pas présent lors des actes
violemment teintés par ce couple,
mais Marie Trintignant en est morte.
Elle s'appellerait Germaine Tremblay
que ça n'y changerait rien, non plus
que son mec Bertrand Cantat pourrait
se dénommer Raoul Tanguay,
sauf qu'il a porté le chapeau,
non sans raison puisqu'ils étaient seuls.

Je me renseigne. Je fais des recherches.

À lire à gauche et à droite,
tout l'monde déchire sa chemise
avec son opinion bien sentie
et son petividéo youtube en complément.
Pour ou contre. Eh que j'te mette une vidéo pour...
Eh que j'te mette une vidéo contre...
Choisissez votre camp. Now!
Big Brother wants you to join the army!

"You're either with us, or against us".

Rien entre les deux, le vide sidéral.
Aucune nuance, aucune voix mitoyenne.
Ô combien risibles ils sont,
tous ces gérants d'estrades.
De droite et de gauche.

Puissions-nous tous respirer par le nez
et garder nos vêtements sur le dos.
Je déchirerai rien pouvant m'apporter
refroidissement, tout en poursuivant
cette phase de lecture et de réflexion.
Au moins Mouawad est conséquent
avec lui-même et son oeuvre;
où le pardon est pivot central.

En tous cas ça fait du bon théâtre
de le porter aux nues...

Bises.


On s'suit tout l'monde
anyway.

33 commentaires:

Yvan a dit...

Bien avant Cantat,
il me semble que le pardon
concerne d'abord la famille
Trintignant.
Comment vit-elle le deuil
de Marie?

helenablue a dit...

Comment peut-elle le vivre autrement que dans la douleur?

Pour autant, Yvan, Cantat a été jugé et a payé pour son crime, non?

Je trouve le geste de Mouawad juste et géngéreux, humain.

Qui sommes nous les uns et les autres pour jeter aini l'anathème sur un individu, et que sommes -nous donc pour l'empêcher de réparer et de tenter d'exister avec ce qu'il a commis et dont il doit lui ausssi bien souffrir?

anne des ocreries a dit...

Le pardon, j'y connais rien ; la musique de Noir Désir, je l'aime et continue de l'écouter ; j'ai lu beaucoup autour de cette affaire. Marie, la pauvre, n'a pas eu la vie dont elle rêvait, mais celle que d'autres avaient prévu pour elle dès l'enfance. Je pense qu'il y avait en elle une fragilité. Bertrand, c'est un écorché vif à fleur de nerfs. Les deux SE BATTAIENT. on parle de la violence de Cantat, mais elle non plus n'était pas en reste. Elle aussi y allait de ses coups à l'occasion (sujet tabou ! on ne doit jamais parler de la vioence que portent en elles certaines femmes ! ça fait tache !) - mais le fait est : ils se battaient, tous deux. Seulement c'est Cantat qui a tué, ce qui n'était certainement pas ce qu'il voulait faire,, mais ce qui est arrivé. C'est lui qui avait l'apanage de la force brutale physique, et il l'a oublié dans l'alcool. ( on est d'accord, ça n'est pas une excuse.) C'est surtout l'histoire d'un gâchis monumental, cette histoire, outrageusement exposée aux regards des voyeurs et zorros redresseurs de torts de tous poils.
Bilan ? un homme qui ne se remettra jamais de ses actes, des enfants sans mère, une femme au tombeau, une famille anéantie. Alors, si les corbeaux voulaient bien se taire, et laisser le deuil faire son chemin jusqu'à, peut-être un jour, l'apaisement, au lieu de recracher de l'huile sur le feu jour après jour....
Un peu d'objectivité, ce ne serait pas mal. Et la nécessaire retenue de la pudeur, autour d'un drame terrible.
Je déteste l'instrumentalisation qui en est faite.

Mistral a dit...

Vas-tu recommencer à commenter ton propre blog? C'est une déplorable habitude dont tu t'étais défait.

Aucune nuance, aucune voix mitoyenne: de qui tu parles, là?

Ton avis, à toi, c'est quoi?

Ton ami,

C

Mistral a dit...

Chpense qu'anne des ocreries a tout dit, don't you?

Yvan a dit...

Je lis et réfléchis,
comme je l'ai dit.
Ça prendra le temps
qu'il faut.

La compréhension
et le pardon éventuels
nécessitent du travail.
Ceux qui s'impatientent
peuvent aller voir ailleurs
en attendant.

Le TEMPS est une notion
trop souvent oubliée.
Je crois qu'il est trop
tôt pour Bertrand.
Si j'avais battu ma copine
à mort, je crois bien que
je vous épargnerais ma gueule
pendant un osti d'bout d'temps.

Que ce soit sur scène, à la télé
ou à la radio.

Dans ce cas, j'écrirais.

Mon opinion.

P.S.
Je crois en la réhabilitation,
mais il faut du temps.
Le Temps.

Mistral a dit...

T'es vraiment dur de comprenure. On t'appelle pas Terrible pour rien.

Certes, toi tu nous épargnerais ta gueule, but that's not the point, is it? Nous autres, on t'épargnerait pas les nôtres. Ans THAT is the point.

Yvan a dit...

C'est un sujet
de réflexion profonde,
beaucoup reste à dire
et à méditer.

Anne est une fleur unique,
ya qu'à la lire pour
s'en rendre compte.
Elle est dame.
Grande dame.

J'te remercie encore
Christian pour m'avoir
poussé dans l'cul,
concernant Sun Tzu.

;)

Mistral a dit...

Ça fait trois ans, j'ai pas poussé si fort! J'attendais que tu en finisses pour te refiler Von Clausewitz.

helenablue a dit...

Je pense, tout comme Christian que là, Anne à tout dit, sobrement.

Yvan a dit...

C'est le guerrier égal
ou inférieur à Sun Tzu, isn't it?
M'intéresse plus ou moins je dois dire si c'est le cas.
J'aimerais bien une plume
à la Miller en lieu et place
pour faire changement.
Ché pas, kek chose de nourrissant
et divertissant à la fois!
:)

Mistral a dit...

Ben, ché pas... L'Art de la Gouine, par Simone de Beauvoir? L'Art de Naguère, par Simon LeNostalgik? T'es difficile à satisfaire...

Yvan a dit...

Je me satisferai de l'Art de la Gouine en attendant plus de substance.

helenablue a dit...

Lyes!

Mistral a dit...

LYES!

Yvan a dit...

Chère Blue Bleue.
Oui hein?
Anne sait y faire avec moi.
Si jamais j'allais en France
j'aimerais beaucoup la rencontrer.

Elle est poétesse très terrestre.
Chaque fois qu'elle t'écris
t'as l'impression qu'elle te parle
de vive voix.

Je l'aime beaucoup.
Elle est floraison,
vie perso et universalis.

Longue vie à toi,
Anne des Ocreries.
Bizous tout plein.

helenablue a dit...

Eh bien Terrible, quand tu viendras du côté de chez Blue, on ira faire un petit tour du côté des Ocreries... Je ne suis pas étonnée du tout qu'Anne t'émeuve, elle a le parler vrai et franc du collier et ne manque pas de discernemant ni de sensibilité, je l'aime beaucoup moi aussi!

manouche a dit...

@anne des ocreries
tu as parfaitement résumé pour les ignorants cet atroce fait divers. Je partage entièrement ta conclusion.

Anonyme a dit...

Je crois effectivement que Anne a tous dit. Deux états peuvent coexister ensemble et nous pauvres fous qui essayons éternellement de trancher. La case noire ou blanche est de l'ordre de l'absolu. Amen!

-La rouge

anne des ocreries a dit...

Oh ! merci à tous du fond du coeur, je suis touchée - et, heuuuuu.....ch'sais plus trop où me fourrer, là !

Pour sûr, you're welcome, friends !
Ma demi-ruine et mes restes seront fort honorés, en l'occurrence ! xxx

RAINETTE a dit...

en fait le bien et le mal coexistent chez chaque personne, de les diviser est impossible.

Amen comme dit la rouge !

Yvan a dit...

Amen itou.

"Le parler vrai et franc du collier".

:) Oué,en prise directe.
Limpide et lumineux.

Yvan a dit...

@Rainette
Indivisible mais gérable.
On aimerait tant simplifier
les relations humaines,
réduire le monde en noir
et blanc alors qu'il est
multi-couleurs.
...........

J'ai honte de ce qui se passe ici avec cette tempête médiatique.
Tous ces moralisateurs déguisés
en journalistes ou en politiciens,potentats de la
droite et de l'intolérance
primitive tels Gérard Deltel.
(chef de l'ADQ,ultra-droite québécouèze).
Un vrai minable,suivi de près
par Richard Martineau et sa blonde
Sophie Durocher en plus de tous ceux et celles qui leur ressemblent dans l'excès
qui barate tout et son contraire
dans leurs étroites petites têtes de linottes.
(J'réponds finalement à ta question Christian).
;)

Les excessifs sans empathie
abondent.Je vis dans un Royaume
de sourds et aveugles
non-empathiques en 2011.
Mouawad nous pose une question
et elle m'accule au mur:
Peut-on pardonner l'impardonnable,
en dehors du nom et du cas soumis?

Assez facile d'y répondre lorsqu'on n'est pas partie prenante de l'affaire.
Lorsque ça te blesse dans ta chair
et ton sang c'est une autre histoire,isn't it?
Dans ce cas et en dehors, j'attendrais hypothétiquement
la sortie de prison de l'homme
à abattre.
Je voudrais appliquer
la loi du Talion.

J'ai le privilège du temps
et de la distance pour y réfléchir,
au contraire de la famille
et des amis proches des deux côtés.
Faut être zen en câlice pour pardonner le responsable
de la mort de son engeance,
préméditée ou non.

Gordon,Blais et Blue l'ont dit:
Bertrand a été jugé et sentencé
dans un état de droit.
Il a purgé sa peine.
Vouloir lui faire
un deuxième procès relève
des faux-culs victoriens.
Sa croix est déjà très lourde
à porter.
C'est pas moi qui en rajouterai.
Je crois intimement
qu'il a besoin de support
et de compréhension.
Dans la même mesure
que la famille Trintignant.

J'écouterai toujours
un(e) ami(e) pris(e)
dans cette situation.

"Connais-toi toi-même,
deviens qui tu dois être
et apprends à gérer tes émotions".
disait en substance Socrate.

Un très beau film sur le sujet
du pardon est:
"The Crossing Guard"(1995)
de Sean Penn.
Avec Jack Nicholson et David Morse
dans les rôles principaux.

Yvan a dit...

@Anne

Merci à toi.
L'honneur est mien aussi,
sans façon. :)

piedssurterre a dit...

Hé bien, moi, si j'ai bien compris l'histoire , et je n'en suis pas sûre, je dirais qu'il est assez odieux de tenter d'empêcher un homme de se remettre debout, de travailler, de continuer à vivre par son travail d'artiste engagé. Le crime de l'homme existe, il a brisé des vies y compris la sienne, et personne ne sait et ne saura jamais ce qui s'est passé, car comme le dit Anne, ils étaient seuls, Marie et Bertrand ce soir là, et c'était leur histoire. La douleur de la perte, le chagrin de ceux qui restent sont bien réels, et on doit essayer de comprendre ceux qui ne peuvent ni oublier, ni pardonner. Mais continuer à harceler cet homme qui porte en lui le poids de son acte, celui qui doit chaque jour désormais vivre avec ça, avoir tué la femme qu'il aimait, c'est dégueulasse. Voilà ce que je crois.

Yvan a dit...

:)
I believe everything is understood
indeed.
Yo.

jp Manitou a dit...

Kitché m'a tuer

Yvan a dit...

Ah bon.
T'en fais pas,
c'est qu'une transformation
moléculaire.
Une broutille inconnue,
au contraire de la vie,
cette immense chose
que l'on connait bien.
C'est comment?
Ya de l'alcool sans lendemain
de veille de l'autre côté?

J'te l'souhaite.
J'ai l'impression que l'éternité
te paraîtra bien longue sinon.

mystère what son a dit...

...
le problème avec les choses qu'on sait, c'est qu'elles se retrouvent souvent tout à fait inutiles dans la vie de tous les jours. la tête dans les chiottes, on l'a plus au milieu de gens qui causent entre eux que quand on l'a dans la cuvette elle-même. celà dit, je suis certain que cantat et marie n'étaient pas aussi seuls qu'on le prétend quand c'est arrivé. malheureusement pour eux, comme pour la plupart des gens qui ne se résignent pas à devenir les victimes amorphes des trafiquants de molécules et de justice bidon.

Yvan a dit...

Un commentaire de Martine-Marie,
glané à l'Express.fr:

Martine-Marie 09/04/2011 14:37:41

"Bertrand Cantat se heurte hélas aux mêmes problèmes que la plupart des gens qui,à un moment de leur vie,ont commis un crime ou un délit:la différence entre lui
et les autres (dont je fais partie),c'est que sa notoriété provoque une réaction des médias.Il faut savoir que pour
la plupart d'entre nous,l'adage
"il a payé sa dette
à la société" est un leurre.
Le passage au tribunal,la prison,
ce n'est pas le pire: on sait
alors que nous méritons la punition.Mais après il y a une deuxième couche à cette punition! Et pour cette deuxième couche,
on prend perpette!
".

Une deuxième sentence
une fois sorti des murs:
celle de la société.
Pas dans tous les cas
mais la plupart,selon elle.

Cette histoire continue
à me faire réfléchir.
Elle me touche beaucoup
en dehors de sa notoriété
parce qu'on est ignorants
et que nombre de juges
pollueurs patentés veulent s'interposer.
Vanité!
Un nombre infinis de cas
semblables se produisent
tous les jours sans qu'on
en entendent parler.
L'histoire ne peut être refaite
mais il y a définitivement place
à l'empathie et la compassion.

Après la rage d'avoir violemment perdu un être cher et vouloir
se faire justice soi-même
il y a le deuil beaucoup plus long.

Plus long encore est le pardon
hypothétique mais possible
dans le cas d'homicide involontaire; c'est déjà arrivé
et ça arrivera encore.
Je persiste à croire
qu'une rencontre entre
la famille victime et le responsable est d'abord
nécessaire.
Si elle n'a pas lieu,il ne restera que des énergies négatives
de tornade et de combats perpétuels
ne pouvant mener à autre chose
qu'une destruction partielle ou entière mutuelle à plus ou moins long terme.

En attendant,j'assiste
à un campement de position
Trintignant versus un désir
d'avancement Cantat après 8 ans.
Bertrand s'est retiré d'Avignon suite au refus de J.-L.Trintignant d'apparaître au même endroit lors de cet événement.
Si j'ai bien lu et bien compris,
Trintignant fut invité avant Cantat
à Avignon.
Le fait que Cantat s'y retire
après le refus de Trintignant
est indicateur de vérité.
L'un peut en parler librement
alors que l'autre doit publiquement
se taire.

M'enfin...
Libre au lecteur.
Freedom of speech and thought.

N'était-ce pas une occasion
offerte par Mouawad?
Une tentative de rapprochement
honorable de sa part?
Une suite au-delà de l'humainerie
campée sur ses positions?

Le pardon est-il surhumain?
Peut-on faire autre chose
que s'entre-détruire
entre son nombril et autrui?

Tout cela et bien plus encore
avant même d'avoir entendu
une seule parole,une seule scène
et une seule note de cette pièce
à paraître.

Yvan a dit...

Autre opinion réfléchie de Marie Dosé,avocate à la cour,France.

Anonyme a dit...

comme aurait dit anne des ocreries : "j'ai failli, pis non"
me semble que ça prouve...
tsstsstsstsstss!!

supplique a dit...
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