jeudi 23 août 2012

Reste


Tu resteras, vous resterez.
Me faites pas le coup de partir sans avertir.
Au moins un petit avertissement.
Les gens qui vous aiment le méritent.

Tu resteras, parce que l'amitié qui nous caractérise
est unique et primordiale et en ce sens immortelle.
Il faut l'entretenir ici et au delà de nos différents.

Aussi, je me positionne.
Je suis contre le suicide improvisé.
Totalement contre, parce qu'il fait
énormément de ravages autour de soi.
Des ravages insoupçonnés qui vont
bien au-delà du cercle familial
et des amis.

Je puis encore moins me prononcer
sur le suicide prémédité.
Dépendamment des philosophies
orientales ou occidentales il peut être soit:
un acte ultime de liberté ou un de lâcheté.

Je ne sais pas, je ne suis pas juge
et jamais ne voudrais me poser
en tant que tel. Je sais juste
que ça provoque beaucoup de douleur
chez ceux et celles qui souffrent la perte.

Je comprends cependant l'abdication d'artistes
ou d'êtres hyper-sensibles face à une vie inique,
froide et "apparemment" sans issue.
En même temps ne comprends pas
le manque de résilience face à l'adversité,
au point de vouloir s'enlever la vie.

Chacun voit et ressent différemment
les épreuves que nos vies imposent.
En ce sens, je ne puis qu'observer
et tirer ou non leçon de vies présentes
et antérieures. Commettre l'inéluctable
engendre un lot qui nous dépasse.

Voir un ou une amie s'en aller
par sa faute fait beaucoup de mal.
Je connaissais pas Ève perso,
mais je puis facilement imaginer la douleur
que ressentent ses proches et lointains amis,
parce que l'art et ses artisans touchent
au plus près de l'âme.

Ève a laissé une oeuvre
qu'il nous appartient de maintenir vivante
en réécoutant ses chansons.

Ne faites pas cela,
qui que vous soyez.
Restez avec nous.
Sivouplè.

Je nous crois beaucoup plus enrichissants vivants
que morts, peu importent nos états d'âme.





6 commentaires:

almanachronique a dit...

C'est vrai !Mais pourtant, y'a des jours...
Ce qu'il faudrait c'est dire aux vivants tout ce qu'ils nous inspirent quand ils nous ont quitté volontairement trop tôt. C'est notre manque d'importance supposée qui nous entraîne au-delà et il suffit de peu pour avoir envie de rester; il suffit d'un chien parfois....

Yvan a dit...

Un chien, un chat;
même un raton, parfois.

Fausseté animale.
Sale engeance.
Piège de beauté!
Vermine déguisée.

;-)
Bises.

Il me faut dire à mes vivants
que je les aime maintenant
et que leur absence provoquée
serait tourments par leur faute.

anne des ocreries a dit...

Un trou noir - c'est tomber dans un trou noir, et penser que CETTE solution est la seule qui reste ; parfois, ça nous balaye ; je sais, j'ai essayé déjà - à certaines heures sombres de la vie ; me suis "ratée", acte manqué ? en tout cas, je suis encore là ; mais avec cicatrices....

On ne sait quelle force obscure est à l'oeuvre, là ; il faut donner beaucoup de forces de vie à ceux qui nous sont chers - et même ça, parfois, ne suffit pas.

C'est toujours une déchirure dans nos vies.

Yvan a dit...

La zoothérapie qu'évoque Alma
fonctionne parfois.
L'exil évoqué par Éric
fonctionne parfois.
Ce n'est cependant pas tout le monde qui peut soit:
apprécier la compagnie
des animaux ou se permettre
un départ sans frontières en laissant tout derrière.Surtout lorsqu'un enfant est en jeu,
ou que t'as pas l'argent
pour te payer un billet
de train ou d'avion
et de quoi voir venir pendant quelques semaines.

Je vais partager ici
le témoignage d'une mère suicidaire et survivante
envers sa fille.
Tu le connais déjà
et je crois avoir
ton assentiment.
Il aide à comprendre
l'incompréhensible.

Il n'existe pas pire
souffrance que celle des parents
portant leur enfant en terre
et celle d'une héritière
ou d'un héritier,victime
du suicide d'un de ses géniteurs.

Mère ou père.
Fils ou fille.

Jean-François Thibaud a dit...

Beau billet Yvan.

J'ai eu la chance de chanter avec Ève il y'a deux ans au la lecture de la pièce de Nina Louve. Vraiment, je n'aurai pas penser qu'elle aurait pu poser un tel geste. Dans une des ses tounes, elle dit qu'il n"est jamais trop tard pour faire un u-turn...Je crois qu'elle faisait allusion à un changement social important...

Non je ne comprends pas ce suicide improvisé comme tu dis. Par contre, je crois au courage de Zénon dans l'oeuvre au noir de Yourcenar. Il décide de s'enlever la vie plutôt que de se faire torturer par l'inquisition et de renier sa foi en la rationalité scientifique. Est-ce que le lent désespoir d'une artiste de sa trempe est l'équivalent ?

En tout cas, c'est difficile de ne pas se sentir abattu par un tel gâchis.

Yvan a dit...

Je peux pas croire une mère
aussi talentueuse laissant tomber ainsi sa fille, son amoureux
et sa famille.
Criss...
La force de l'espoir
doit bien motiver un père
ou une mère à trouver
des ressources en quelque
part. Comment peut-on
mettre fin à ses jours
quand on a un fils
ou une fille?
Je pourrais pas faire ça,
à moins d'avoir une grosse
assurance-vie sur la tête,
et encore.

Comment peut-on laisser
ses enfants seuls
et dans le deuil?!

Merci de ton passage
Jean-François.